La France a vécu
entre 1981 et 2003 une révolution copernicienne dans
la conception de sa politique d’éducation. Elle
a abandonné une conception où la justice et
l’efficacité passaient par la centralisation
et même la standardisation du système pour passer
à une autre qui repose sur la prise en compte des spécificités
locales et l’autonomie des établissements. L’article
analyse la mise en place de ce nouveau référentiel.
Il n’est certes pas de pure rhétorique mais l’ancienne
culture demeure très forte. Quelle est donc sa puissance
de mise en forme de la réalité? Quels sont aussi
ses effets? Différents indicateurs montrent que les
inégalités entre les établissements s’accroissent.
Est-ce une conséquence de cette politique? Il introduit
aussi une réflexion sur un glissement de sens. Au début
des années 1980, l’autonomie des établissements
a été présentée comme un moyen
de rendre plus réelle la promesse d’égalité
des chances portée par l’État-Providence.
À la fin des années 1990, elle apparaît
comme la base d’un mode de management qui s’inspire
de celui qui a permis au capitalisme de sortir de la crise
de 1973: des unités déconcentrées, une
régulation locale par gouvernance, une structuration
en réseau reposant sur des normes de qualité
internationales.
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